En 1940, Jean Zay, pilier du Front populaire, farouchement opposé à l’armistice et ouvertement franc-maçon, est incarcéré et mis au secret, dans un isolement total. Transféré quatre mois plus tard dans une prison de droit commun, il obtient enfin le droit de recevoir des visites, des journaux, des livres, de l’encre et du papier… Dès lors, du fond de son cachot humide, à la lueur de la bougie, Jean Zay rédige ses mémoires, véritable testament d’un homme politique sans compromis, ministre à 32 ans de l’Éducation Nationale et des Beaux-Arts. Avec réalisme et épure, Xavier Béja donne voix à la figure méconnue de Jean Zay et fait raisonner avec brio ses combats pour une politique de l’éducation et la culture visionnaire. Celui qui fut à l’origine du festival de Cannes, de l’ENA, de l’éducation sportive à l’école, des Bibliobus et du CNRS fut lâchement assassiné par la milice après un simulacre de libération le 20 juin 1944 à l’âge de 39 ans. Un spectacle vertueux qui rend hommage avec sobriété au génie réformateur d’un grand humaniste oublié.